Victor Hugo
à monsieur le comte Alfred De Vigny, capitaine au 55e régiment d' infanterie, en garnison à Pau.

29 décembre 1824.

(... )je  reste chez moi, où je suis heureux, où je berce ma fille, où j' ai cet ange qui est ma femme. Toute ma joie est là, rien ne me vient du dehors que quelques marques d' amitié qui me sont bien chères, et parmi lesquelles je compte avant tout les vôtres. Vous savez combien je vous aime, Alfred. Saluons ensemble cette nouvelle année qui vieillit notre amitié sans vieillir notre coeur. Envoyez-moi quelques-uns des vers que la muse vous dicte, et tâchez de revenir vite les écrire ici, dussiez-vous courir, comme moi, le risque de ne plus être inspiré. Mais c' est pour vous un danger illusoire ; votre talent résiste à tout, même au chagrin, même à l' ennui. (...)

Saluons ensemble cette nouvelle année...

Et moi je vous embrasse.

Je ne nous souhaite que la paix, des jours ensoleillés, des rires joyeux, des tapis de fleurs, des musiques douces, des amours et des amis, des enfants et des animaux tout doux.
Et si nous ne les avons pas, inventons-les.

Une petite valse ?

Si vous laissez se dérouler la bande, vous danserez avec Anna Karénine...

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