J'ai commencé par le Chasseur Français et ses pages du milieu, et je regardais aussi en douce les annonces matrimoniales. Bon, j'avais moins de 10 ans !

Avant même d'avoir un jardin à moi, je lisais avec avidité celles que je trouvais chez ma mère, Un classique des classiques, qu'elle classait par mois. Les Janviers étaient les moins nombreux, car elle n'aimait pas trop les orchidées. Depuis la presse de Janvier a fait de gros progrès je trouve... mes préférées étaient les séries de Mai, et celles d'Octobre. Mai 1989,88,87,86, le plus récent sur le dessus de la pile. et les Mais partaient sous la pile annuelle dès le mois de Juin arrivé.

J'ai fini par m'abonner moi-même, histoire de rêver à ce que je pouvais planter dans des bacs Riviera sur mon balcon si étroit qu'on ne pouvait pas y mettre une chaise de jardin. Mais je fus l'heureuse jardinière d'un des balcons les plus fleuris de mon immeuble à Paris.

Lorque les journées étaient difficiles, et l'ambiance parfois électrique, je me suis réfugiée dans "ma" revue, le soir tard, m'endormant les mains dans la terre virtuelle de mes insomnies.
Et dans les heures sombres, mes revues de jardins ont été les seules écrits que j'arrivais à lire.
Lorque j'ai vidé notre appartement parisien, j'ai jeté des piles et des piles, à regret, je connaissais mes revues par coeur.

Je dois donc à une revue de jardin* de vivre où je suis maintenant et je dois remercier son équipe ! Vous avez été mes ami.e.s sans le savoir.

Tout le reste vient de vous, les catalogues de plantes, les jardins que j'ai visités, les fleurs de ma vie, jusqu'à mon pinceau. Je me suis même retrouvée dans vos pages par hasard, une fois il y a longtemps.

La rechute est sévère, si tant est que ce soit une maladie. Il ya des piles près de mon lit, derrière la commode de ma chambre, sur les étagères de la salle de bain, dans la bibliothèque du couloir et bien entendu sur et sous la table basse du salon.

J'ai, depuis, rencontré quelques auteurs et photographes, quelques propriétaires de ces jolis jardins imprimés sur papier glacé.

Et je viens de me réabonner .

Revues je vous aime, vous coûtez plus cher qu'un psy, parce que non prises en charge par la sécurité sociale, mais vous êtes plus efficaces. D'ailleurs quand je vais chez mon psy, j'apporte en douce quelques exemplaires anciens. Il m'arrive de retrouver quelques rescapés  que je relis avec bonheur, et il m'arrive même de voler dans une salle d'attente  une revue qui m'a appartenu et que je remets dans une pipile.

Revues, n'écoutez pas les grincheux, les grognons, les critiques, les consuméristes  et les anti-poussières-dans-les-coins. Continuez de publier, c'est un dur métier, je sais.

C'est le printemps, je vais sortir une pile de Mars !
 



* et à mon mari, et à ma fille mais c'est une autre histoire


 

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