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Femmes d'Alger, Frederick Arthur Bridgman

Dans mon enfance il y avait Dieu, Allah, et Abraham comme le vieil oranger greffé par mon père (qui parlait l'arable littéral, le lisait et l'écrivait), citrons, oranges, pamplemousses.

Et l'Histoire nous a réexpédiés d'où venaient nos grands-parents, avec dans nos quelques bagages le goût des zlabiyas et du cumin dans la cuisine, la passion de la couleur des écheveaux de laine, et des amandiers au printemps, le regret de ne pas mieux connaitre une civilisation de lumière qui a inventé le calcul et la propreté, et des souvenirs plein la tête.
Dans quelques semaines, Charlie Hebdo aurait disparu dans le silence ou presque. Ceux qui l'ont rendu immortel le savaient. Pas les gamins paumés de banlieue devenus de monstrueux assassins, mais ceux qui tirent les ficelles de loin.
Les caricatures, excessives, vont ressurgir et choquer ceux qui les ignoraient jusqu'au fin fond des déserts, déconnectées de leur sens , de leur contexte et de leurs mots.
On pleure ceux qui avaient le courage de leurs opinions, et qui pensaient lutter avec un crayon contre la cancer du racisme et de l'intolérance.
Le dessin tue.
Et parfois on a mal aux racines.

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