Lorsque Boabdil, dernier roi de Grenade, fut obligé d'abandonner le royaume de ses pères, il s'arrêta au sommet du mont Padul. De ce lieu élevé on découvrait la mer où l'infortuné monarque allait s'embarquer pour l'Afrique ; on apercevait aussi Grenade,

la Véga et le Xénil, au bord duquel s'élevaient les tentes de Ferdinand et d'Isabelle.

A la vue de ce beau pays et des cyprès qui marquaient encore çà et là les tombeaux des musulmans, Boabdil se prit à verser des larmes. La sultane Aïxa, sa mère,

qui l'accompagnait dans son exil avec les grands qui composaient jadis sa cour, lui dit :

" Pleure maintenant comme une femme un royaume que tu n'as pas su défendre comme un homme ! " Ils descendirent de la montagne, et Grenade disparut à leurs yeux pour toujours. 

 

Chateaubriant (1811)

1492
Isabelle la catholique mettait un terme à trois siècles
d'une civilisation arabo-andalouse qui a laissé sa trace

en architecture, en musique..

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pour en savoir plus:

ICI

 

 

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 même sous la pluie, l'Alhambra de Grenade est une merveille d'architecture,

de jardins, de beauté, qui témoigne d'une civilisation particulièrement raffinée

 

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et Louis Aragon inspiré par Grenade a écrit un fleuve de poésie pour Elsa Triolet (425 pages quand même)

 

extraits: le fou d'Elsa

 

O froide et brûlante à la fois pécheresse au corps de corail

Ville des Juifs aux mille et trente tours dans tes rouges murailles

Genoux talés percé d'aiguilles sourd de neige et l'âme en sang

Je te découvre et tes jardins d'amandiers à l'ombre du Croissant

(....)

Séduit par l'attrait de l'enfer à retrouver l'Andalousie

Je suis envahi tout à coup par un parfum d'apostasie

Grenade à chair de violette et de jasmin dont le vent mène

A moi comme de bains publics une anonyme odeur humaine

(....)

Déjà je vois la gorge à l'air rouler dans d'autres bras la ville

Et de sa chair il adviendra comme de Cordoue et de Séville

Où les paroles du Coran se barrent de mots en latin

Et chaque rue ivre et sanglante est devenue une putain

Que baisent des soldats heureux proférant des jurons

 

Pour qui toute nuit désormais aura le parfum de l'orange

Ils promèneront avec eux un carnaval de dieux géants

Et le suaire et la cagoule et le feu pour les mécréants

Ils installeront leur chenil au seuil des palais almohades

Et mettront leur linge à sécher sur le visage de Grenade.

(....)

  grenade

 

et l'envie d'y retourner un jour...

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