J'écris chaque année un article sur les hellébores.
Un ravissement en fin d'hiver et une histoire d'amour de près de 40 ans.

J'ai fait leur connaissance en 1981. Mes parents qui vivaient à Grenoble ont acheté une petite maison en moyenne montagne dans le massif de Belledonne à 1000 mètres d'altitude, la limite des feuillus et des sapins.
Sous les sapins et les bouleaux du terrain, dans un éboulis en pente, ma mère a découvert un tapis d'une étrange fleur d'un rose violacé foncé, des feuilles immenses, identifiées tel un trésor sous le nom d'Hellébores orientales.

Une touffe avait été plantée par le vieux jardinier italien  (ou polonais ?) ancien propriétaire d'une parcelle sans maison. Il montait de la ville en vélo, ou en car, tous les samedis pour jardiner. Il devait avoir des jarrets d'acier.... et son terrain est tombé à l'abandon.
Ces hellébores laissées libres ont prospéré, grainé. Leurs feuilles sèches sont devenues des abris pour les graines qui ont fini au fil des ans par former tout un tapis. J'adorais ce coin-là,  fleuri dès la fonte des neiges.
Ma mère retirait quelques vieilles feuilles une fois sèches, si elles n'avaient pas disparu d'elles-mêmes. Aucun arrosage, les feuilles mortes des arbres au-dessus, des bouleaux restaient sur place.
Pas question de maladies ou je ne sais quoi. la nature fait bien les choses.

Mon premier dessin "de fleurs" lors de vacances de février, fut encadré par mon père ... c'est à cause de cette fleur que j'ai commencé le dessin botanique.

J'ai eu mon jardin en Touraine l'année où mon père a disparu; la première plante que j'aie rapportée de chez mes parents a été une touffe de (cet) cette hellébore (H. orientalis). Entre-temps, j'ai rencontré l'hellébore blanche (blanc) Rose de Noël (H. Praecox) qu'on trouve surtout chez les fleuristes, l'hellébore fédide (H. foetidus), l'hellébore de Corse (H. argutifolius)
Et de biens jolis hybrides d' Helleborus orientalis..

Les pépiniéristes enlèvent les feuilles de leurs pots, m'a-t-on dit chez Lemonnier il y a quelques années, parce qu'elles prennent de la place dans les transports, et font chavirer les pots en plastique, trop légers. Mais sur les pieds-mères, je milite ardemment pour le maintien des feuilles jusqu'au complet développent des feuilles neuves, qui prennent le relais de la photosynthèse*. J'ai fait l'essai puisque j'en ai beaucoup: Celles dont j'ai retiré les feuilles s'étiolent . J'ai beaucoup de limaces et escargots et pourtant zéro dégâts sur les hellébores (et ici c'est zéro  pesticides, zéro engrais).

L'été dernier il a fait très sec. Mes hellébores sont plantées au Nord de la glycine à ombre sèche, en terre lourde, argileuse. j'ai vu les feuilles se déhydrater, devenir grisâtres, pendouillant comme les parasols refermés.

Au point où on était (et un zeste découragée) je n'y ai pas touché. Quelques arrosages au tuyau n'ont rien changé. Et j'ai eu la surprise quand il a plu sérieusement de les voir reverdir, remonter en un clin d'oeil. Les hellébores sont en super-forme encore cette année !

(Celles que j'ai plantées côté soleil sont moribondes.)

Laissez faire la nature, elle vous le rendra...

C'est aussi le coin des fougères, des cyclamen coum, un camelia (trop rouge) bientôt un petit-frère...un "camelia champêtre au parfum de cannelle" de chez Promesse de fleurs et quelques bricoles de mi-ombre.

Je m'amuserais bien à faire des hybridations moi-même, mais d'autres font ça si bien... et je les remercie d'avoir enrichi ma petite collection !

* Mais chacun fait comme il veut !

(à suivre...)

 

En savoir plus sur les variétés d'hellébores, sur le site de la pépinière Lemonnier.

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